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La
voix rauque reprit les ondes : "Que voulez-vous savoir ?"
Ainsi s'entamait une relation téléphonique de deux ans.
Plus de 30 heures d'entretiens ; une dixaine de bandes audio de conversations
enregistrées ; et un compte de téléphone colossal.
Ce fut possiblement les mois les plus excitants et les plus exigeants
de ma vie.
Je me rappelle
la première conversation de 90 minutes et l'insomnie qui en suivit.
J'étais beaucoup trop excité pour arriver à m'endormir.
Mais je savais, intuitivement, que la démarche de cet homme était
authentique. Comme tout journaliste d'investigation, j'avais toujours
rêvé de dénicher mon Deep Throat(1) personnel. Je
sentais l'avoir trouvé, et m'imaginais ce que Bernstein et Woodward
auraient bien pu vivre à l'époque du Watergate.
La confiance et
le respect ont pavé la voie au déroulement de notre relation.
S'il me disait : "Je ne peux pas aborder ce sujet", je n'insistais
pas. S'il me disait : "Posez-moi de nouveau cette question dans
quelques mois", j'acquiesçais à sa demande.
Je me suis tôt
pris de sympathie pour le docteur et je sentais qu'il me vouait le même
sentiment. C'était l'harmonie. Au départ, je lui téléphonais
deux fois par mois --je ne voulais pas m'imposer outre mesure-- ensuite
une fois par mois, et enfin aux trois mois. J'enregistrais absolument
toutes nos conversations, aussi banales qu'elles soient, et les transcrivais
à un logiciel de traitement de textes.
En ce qui concerne
les ovnis, les informations qu'il me transmit ont posé tout un
défi à mon cerveau, car elles étaient autant incroyables
que fantastiques. Il m'obligea donc à élargir à
grands coups les limites de ma conscience. Je croyais tout savoir sur
le cover-up, mais j'ignorais à quel point les rouages de la déception
étaient aussi profonds et complexes.
Parfois je me refusais à y croire. Le plus imaginatif des écrivains
hollywoodiens saurait-il concevoir un scénario conspirationniste
aussi extrême ? À maintes reprises, le doute s'empara de
moi, me laissant pour compte et dans l'ombre, jusqu'à ce que
je réussisse à assimiler tout ce savoir.
Heureusement, je
connaissais d'autres journalistes qui conversaient régulièrement
avec Michael. En particulier, un Américain, le Dr Richard Boylan
et une Italienne du nom de Paola Harris. Il m'était donc possible
de comparer mes notes aux leurs. Je me suis entretenu avec Paola à
plusieurs reprises au téléphone. À deux occasions,
elle avait visité Michael à son domicile à Hartford,
au Connecticut, avant que la maladie ne l'emporte; elle a pris plusieurs
photos, a pu prendre connaissance de preuves visuelles y compris une
photo de lui en compagnie de Clinton et une lettre signée du
Président le remerciant pour tout son travail(2).
Bien que je ne
me sois jamais entretenu avec le docteur Boylan, j'ai souvent visité
son site web où sont affichées des informations semblables
à celles qui me furent communiquées(3).
Le recherchiste ufologiste canadien Stanton Friedman avait tenté
de discréditer Michael, ce qui le perturba, mais comme il m'expliqua
: "Il voulait que je devienne l'indice flagrant (smoking gun),
mais j'ai réfusé."
Ce commentaire
résume assez bien la démarche de Michael. Il répétait
constamment : "J'ai prêté serment. Je ne veux pas
commettre de trahison. Je ne peux pas tout dévoiler." On
pouvait sentir devant soi un homme déchiré entre la loyauté
envers ses supérieurs et sa patrie, et un désir humaniste
de dire la vérité. Il a sans doute connu d'intenses frustrations.
Je n'avais pas
affaire à un deux de pique mais bien à un haut-placé
au sein du gouvernement satellite--possiblement le plus haut-placé
à s'avancer aussi loin jusqu'à maintenant. Un homme débordant
de connaissances.
La recherchiste Linda Moulton-Howe a eu un entretien avec Michael au
sujet de l'incident survenu à la base aérienne Holloman
en 1964. Elle reçut de lui une réponse tellement complète
et explicite qu'elle s'exclama : "C'est trop bon pour être
vrai!" Le docteur n'entendit jamais plus parler d'elle.
Un jour, un incident
du genre X-Files est survenu, ce qui me permit de mieux comprendre ses
réticences. Puisqu'il était à la tête de
l'équipe Alphacom du groupe MJ12, un groupe de recherche mis
sur pied pour étudier et évaluer les différentes
races extraterrestres dans l'univers, j'étais tout naturellement
curieux d'en connaître davantage. Un jour, je le questionnai au
sujet des habitants de la planète Mars. Comme j'avais lu l'ouvrage
de Courtney Brown décrivant ses expériences en visualisations
à distance, je voulais savoir si cette race martienne existait
vraiment. La réponse fut immédiate et d'un ton d'une telle
irascibilité à ne pas en croire ses oreilles. "Il
m'est interdit d'aborder ce sujet !"
"Pourquoi ?" lui ai-je demandé, un peu blessé
et poussé à l'irrévérence. Ensuite j'ai
compris. Toutes les conversations téléphoniques qu'il
recevait étaient surveillées de ses supérieurs.
On me testait, m'étudiait comme un figurant à la télévision
invisible (NDT: I was on candid camera). Si je posais une question à
laquelle Michael n'était pas autorisé à répondre,
un feu rouge s'allumait. À l'opposé, un feu vert signifiait
qu'il pouvait procéder. Je comprenais maintenant pourquoi il
se répétait à tout bout de champ...un écran
de fumée pour m'empêcher de poser des questions trop sensibles.
Il ne fallait surtout pas parler des Martiens !
Michael était
un pantin consentant du gouvernement satellite, leur porte-parole pour
sonder les terres du monde des "dupes". Le docteur a expliqué
qu'il discutait de façon régulière avec ses supérieurs
à savoir quels renseignements pouvaient être glissés
au public et quels devaient rester secrets. En ce qui concerne le Monolithe
(voir plus loin dans cet article), il s'exclama d'un ton acrimonieux
: "Ils m'ont sauté dessus avec celle-là ; fallait
pas que j'en parle !"
Un triomphe est survenu lorsqu'un jour il me parla des Altares, une
race extraterrestre dont la mention ne fut qu'effleurée au tout
début de nos entretiens. Au cours d'une période de quatre
mois, je l'avais doucement, graduellement, incité à m'offrir
plus de détails. D'un ton jovial, cette fois, il déclara:
"Je suis surpris de pouvoir vous transmettre ces renseignements."
Il me vint à l'idée que le feu rouge était peut-être
gelé sur le vert. Jaillit ensuite un flot incessant d'informations
que lui et son équipe d'Alphacom avaient recueillies. Je percevais
dans sa voix une joie, un soulagement; tel un chien déchaîné
gambadant dans les prés. Un soupçon de frustration libéré
de sa cellule.
Au cours d'un autre
entretien, j'ai voulu m'informer d'un incident impliquant l'écrasement
et la récupération d'un engin ET. "Gardez la ligne,
je vais vérifier" a-t-il répliqué, et il déposa
le récepteur téléphonique. Quelques minutes plus
tard, le docteur reprit l'appareil : "J'ai consulté le répertoire.
Non, ce n'était pas cette année-là, c'était
plutôt l'année suivante." Michael me fit part que
dans son coffre-fort se trouvait la liste officielle du gouvernement
satellite de tous les engins écrasés/récupérés
depuis 1941.
La santé
de Michael était toujours un facteur à considérer.
Parfois, il se sentait trop malade pour dialoguer. À une occasion,
il m'a même semblé paranoïaque. "La Cabale --
ils veulent me tuer !" s'écria-t-il. Son médecin
lui avait prescrit un nouveau médicament et son corps avait réagi.
Par contre, en d'autres occasions, il paraissait vigilant et bien reposé,
et même tout excité de pouvoir divulguer de nouveaux renseignements.
Vers la conclusion de nos rapports, je connaissais un peu mieux sa vie
privée. J'ai discuté avec sa charmante fiancée
et avais pris connaissance de leurs plans de mariage. Formidable que
de voir un homme qui était atteint d'une maladie incurable doter
son avenir de projets intéressants.
Notre dernière
conversation remonte à la fin de juillet (2000). Il semblait
gravement malade et avait beaucoup de difficulté à parler,
ne serait-ce que quelques phrases courtes. Je sentais que son heure
était proche.
Au mois d'août, Michael fut transporté dans un hospice.
Il est décédé le 18 septembre.
Le docteur ne craignait pas la mort. Les extraterrestres auprès
de qui il avait oeuvré dans les bases souterraines lui avaient
enseigné que nos corps ne sont que les conteneurs de l'âme.
"Quand meurent les gens, leur conscience transmue tout simplement
vers une autre dimension."
La plus importante
leçon qu'il m'ait enseignée c'était de toujours
garder l'esprit ouvert, même si les informations qu'on nous présente
paraissent absurdes ou extrêmes. Comme le disait Arthur C. Clarke
: " La seule façon de découvrir les limites du possible,
c'est d'en franchir le seuil vers l'impossible."
Je me sens privilégié
d'avoir fait la rencontre du Dr Wolf, un homme unique, courageux et
extraordinaire. Et j'espère que les âmes en quête
de vérité l'honoreront avec le respect et la gratitude
qu'il mérite.
Chris Stonor
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