SPIRITUALITE


Je ne pouvais cependant pas entamer ce dernier sans m'être libéré des " boulets " que j'ai traînés avec moi depuis trop longtemps…
Avant d'aller plus loin essayons de cerner ce que ces " boulets " m'ont appris :
- Ils m'ont confirmé la nécessité de la patience, la persévérance, et l'altruisme…
- Ils m'ont fait toucher du doigt ce que peut être la compassion…
- Ils ont tué la référence au " qu'en dira-t-on "
- Ils m'ont appris que le pardon n'était jamais à sens unique, et qu'en premier lieu, chaque fois que l'on pardonne, c'est à soi-même que l'on pardonne…
- Ils m'ont fait comprendre que quelque part, la souffrance (n'importe laquelle ou si forte soit elle) possède une partie de son origine dans notre raisonnement mental, dans notre manière d'être comportementale. Je comprends que cette notion soit difficile à accepter ou même à conceptualiser… Mais je suis certain qu'un bourreau n'existerait pas sans victimes et vice-versa. Là ce n'est pas un jeu de mot voulu par notre vocabulaire…
- Ils m'ont ouvert la porte sur d'autres réalités inaccessibles à nos cinq sens et fait comprendre qu'il ne faut pas nécessairement adhérer ou pratiquer une religion pour posséder une spiritualité " élevée "…
- Ils m'ont fait comprendre, bien au-delà des mots, et en dehors de toute notion égoïste, le célèbre dicton populaire " Aide toi, le ciel t'aidera ! "
- Ils m'ont appris que je devais lâcher ce qui me sécurisait sous peine d'être englouti par cette sécurité, de laisser mes peurs, car je n'ai rien à perdre d'essentiel, de cesser d'agir " parce qu'il faut agir ", de cesser de prendre pour donner, de cesser de juger et de me juger… ils m'ont appris à être !!!


En relisant ce passage, je me dis : " il est quand même insensé qu'il ait fallu tant de souffrances pour apprendre ce qui " normalement " devrait être inscrit dans notre patrimoine génétique et culturel… " Et cela nous montre, aujourd'hui plus qu'hier, que notre société vit quelque part dans l'absurde … Que de temps perdu !!! Que de souffrances endurées !!! Alors que si nous le voulions, tout serait plus simple… d'une simplicité enfantine…

Dans notre monde d'aujourd'hui, monde qui se cherche, de la même façon que les adolescents (rejets, bêtises, recherche d'identité, recherche de ses qualités, reconnaissance de ce que l'on est), il est difficile de dire " je crois "… Je n'essaierai pas ici, d'imposer ma foi… Les représentants de l'Église Catholique (du moins certains) m'ont trop blessé et dit trop d'âneries pour que d'une part je puisse continuer à m'appuyer sur eux, et d'autre part faire la même chose qu'eux… Non !!! Je donnerai quelques pistes qui depuis 1972-1973, m'ont guidé…

A mon grand étonnement, je n'ai jamais été " aigri " par mon handicap…. Sans savoir la provenance de cet état, je pense qu'il a contribué énormément à ce que je m'en " sorte ". J'ai refusé bien des fois ses conséquences matérielles, j'ai souffert de ne pas réaliser ce que tous les enfants font (jouer au ballon, faire du vélo, plonger dans une piscine), j'en ai pleuré même…J'ai énormément souffert dans mon corps (jusqu'à penser au suicide parfois). Mais je n'ai jamais maudit qui que ce soit à cause de cet état…


Cela m'a permis, bien souvent inconsciemment, de placer mon énergie ailleurs que dans des luttes psychologiques stériles, de m'ouvrir plutôt que de me refermer, de me replier sur moi… J'irai même plus loin : Je suis entré en pension au début de l'adolescence… La pension, mais surtout les mentalités de l'époque en son sein, ont essayé de me faire entrer dans un moule qui n'était pas le mien ; ont essayé et failli réussir de me faire adopter un comportement psychologique de mouton, de larve, qui accepte tout et ne dit rien, sous prétexte que je suis différent et que quelque part, je dérange. Je dis bien qu'ils ont failli réussir…


Aujourd'hui, cela se passe de la même façon : on assiste aux mêmes choses, dans notre entourage immédiat certes, mais également sur un plan communal, national, politique, et international…

A commencer par les médias… Ce ne sont plus des informations, mais des désinformations…
Exemple : la famine dans tel ou tel pays … La planète est assez grande et nos outils assez performants pour nourrir tous ses habitants… Vous ne pourrez pas me faire " avaler " que ce n'est pas voulu… par quelques uns, soit pour déclencher une guerre, soit pour autre chose, mais surtout pour asseoir leur pouvoir dans une région du monde… Quand mon frigo se vide, j'interviens avant qu'il ne me manque quelque chose… Pourquoi en serait-il différent au niveau politique ou financier ? Donc il y a bien une volonté délibérée de laisser pourrir les choses pour une raison cachée… Et après cela, les pouvoirs politiques culpabilisent les gens de ne pas ouvrir leur portefeuille….

Autre exemple : Dans quelques pays, comme on l'a fait en France sous l'inquisition, on continue à brûler les livres, à assassiner les journalistes… Pour quelle raison ? Simplement pour empêcher les gens de penser par eux-mêmes et d'être autonomes… afin que quelques uns puissent asseoir leur pouvoir….

Papa me disait un jour (j'avais 15 ans et il devait " sentir " ce qui se passait dans ma tête) " Ce n'est pas pour toi que tu es handicapé, il faut que tu assimiles cela… Si toi, tu dois vivre des choses par ton handicap, c'est pour en faire profiter tous les autres, qu'ils soient comme toi ou non… Un accident, un handicap, ce n'est pas la loterie, ce n'est pas le hasard… La Vie dans ce qu'elle a de plus beau, nous offre des possibilités pour grandir et faire grandir notre entourage, pour nous dépasser … A chacun de comprendre cela et de le mettre en pratique "….

Depuis le début de ce livre je parle d'autonomie… Pour moi cela a été tout d'abord un combat pour l'autonomie matérielle…Mais elle m'a ouvert les portes sur l'Autonomie réelle… C'est à dire celle de penser librement -donc d'agir librement- en fonction non pas de ce que tout le monde pense, fait ou dit, mais en fonction de mon ressenti, et de ma réflexion… Comment cela a t - il pu se faire ? C'est simple à comprendre : Etant handicapé, je suis en dehors de toutes les normes existantes dans notre société… Si je voulais survivre, il me fallait créer mes propres normes, mes propres points de repères, puisque ceux que la société me proposaient ne tenaient pas compte de mon état… Et c'est ce que j'ai fait… A partir du moment où j'ai pu m'appuyer sur les miennes, sur mes points de repère, j'ai pu commencer à vivre par moi-même… Aujourd'hui, elles me permettent de vivre ce que je suis… Et j'en tire une certaine fierté… Car qui peut en dire autant ? qu'il soit bien portant ou handicapé ? Ils sont peu nombreux en réalité !!! !!! A ce propos, j'irai même plus loin : il fut un temps, où je me culpabilisais d'être en dehors des normes, et certains responsables (religieux, médicaux, civils, associatifs,) me l'ont fait sentir pendant des années… J'ai essayé de m'en tenir à ce qu'ils me disaient et proposaient… A chaque fois, je me suis cassé la figure et je me retrouvais devant un mur… Ce sentiment de culpabilité est bien fini… et je ne vois pas pourquoi je me mettrais par terre, pour vouloir respecter des normes qui ne sont pas les miennes…

Longtemps, j'ai pensé (moi aussi) qu'il fallait qu'une personne souffre dans son corps ou dans son esprit pour acquérir un certain savoir vivre ou pour parler enfin correctement pour savoir " Être " … On retrouve là les discours d'une certaine " Intelligentsia " des Églises nous faisant croire que la souffrance était voulue par Dieu pour " mériter " l'Éternité….
Pourquoi une personne n'ayant jamais souffert (il n'y en a pas !), ayant toujours eu ce qu'elle désirait (il n'y en a pas !) et ayant été heureuse toute sa vie (Dieu merci ! on en rencontre !) serait-elle bannie de l'éternité ?
Je dis, moi, que ce langage a été utilisé pour asseoir le pouvoir des Églises, et pour empêcher les gens de penser par eux-mêmes. Si cela est faux, soit les prêtres ont menti pendant des décennies … soit ils ont déformé les messages qu'ils véhiculent à leur profit… Et qu'on ne vienne pas me dire : Tu ne comprends pas ! C'est pas comme cela !… A ce tarif là, nous avons été, nous sommes, nous serons des milliards à ne pas comprendre….
Il est urgent de se défaire de tout dogme (politique, financier ou religieux), et de tout dirigisme spirituel… si nous ne voulons pas finir dans l'esclavage, et vivre le restant de notre vie, avec au cœur une insatisfaction permanente…
Je sais que c'est grave ce que je dis. Mais il est temps que l'on se mette enfin debout. Que l'on prenne le miroir le matin et que l'on commence sa toilette, et que l'on frotte, frotte… jusqu'à ce que nous puissions apercevoir ce qui est de nous réellement pour le mettre en avant, en faisant taire cette saleté de " petit égoïste " qui a toujours froid, qui a toujours peur, qu'est notre mental inférieur…
Cela peut paraître étonnant que je dise cela… Pourtant c'est la seule manière de retrouver notre identité d'enfants de Dieu, ayant accepté de prendre corps dans la matière pour participer à la création, et désirant regagner notre source… Quand les écailles sont tombées on aperçoit alors ce qu'elles cachaient et nous sommes parfois surpris par les beautés qu'elles recouvraient….
La Vie a emprunté tout ce qu'elle avait à sa disposition pour me faire évoluer, pour me faire comprendre certaines choses… Le hasard n'existe pas… A nous d'interpréter le schéma qu'elle nous propose, de penser, d'agir en conséquence sans tiédeur, ni compromission…
Peut-être alors saurons-nous nous aimer -car c'est de cela qu'il s'agit- tels que nous sommes et enfin aimer les autres comme nous mêmes…. Le reste viendra de surcroît…