SCOLARITE

Je n'ai pas connu, au contraire de mes frères et sœur, l'école maternelle ni, il faut bien le dire ( ne pouvant aller bien loin) l'école buissonnière....
Mes parents ont voulu que je parle correctement avant de m'envoyer à l'école...


J'ai commencé l'école à six ans... Le matin maman m'emmenait soit sur son vélo, soit en poussette... Je déjeunais parfois à la cantine scolaire... Le soir, je restais en classe, après les cours, soit pour apprendre à écrire (au début, du moins en CE1, CE2, ) soit pour finir mes devoirs... A 19 heures, après être revenu du travail, papa venait me chercher sur son vélo, par tous les temps... Nous n'avions pas de voiture à ce moment là ni d'engins motorisés...

De tous les apprentissages d'enfants, c'est l'écriture qui m'a fait le plus souffrir... Même encore aujourd'hui, c'est elle qui me demande le plus d'énergie... En ce moment j'écris plus vite en tapant sur le clavier de mon ordinateur, qu'à la main...

Donc à l'école, le problème n'était pas la compréhension, mais l'expression de celle-ci par l'écriture... Combien de fois j'ai rendu mes copains jaloux lors de contrôles de routine où d'interrogations... L'instituteur, voyant que je n'étais pas encore rendu à la deuxième question, que le crayon m'échappait des mains et que j'avais des larmes aux yeux parce que mes doigts ne m'obéissaient pas, me disait de répondre verbalement aux questions posées... Les copains ne pouvaient comprendre ce qui pour eux était une injustice bien que l'instituteur le leur ait expliqué...

Je peux donc dire que j'ai suivi mon primaire normalement, sans redoubler, cela grâce au génie inventif, à la patience, à la compréhension de tous les instituteurs qui ont pu me faire l'école.

Je plains malgré tout mon frère aîné... Cela n'a pas dû être facile pour lui tous les jours à cause de mon handicap... Quand il fut en âge, c'est lui qui m'emmenait en poussette à l'école et me ramenait... par tous les temps… T'en souviens-tu, mon frère ?

Et toi papa ? malade éthylique à cette époque ... Te souviens-tu d'un jour où il pleuvait des cordes? Ce jour là tu as refusé de me laisser à la porte du café et tu as continué ta route... Il fut grand ce jour !!!.... Car c'est à ce moment précis que remonte ta guérison...

A la fin du CM2, j'avais donc onze ans, il fut question d'aller en sixième... Quel collège m'accepterait ? Je marchais encore difficilement, j'écrivais encore comme un cochon... Il fut alors question de me mettre en pension....